Services vétérinaires d'urgence : pourquoi une journée de réflexion?
Actualités vétérinairesDécouvrez pourquoi l'Ordre consacre une journée de réflexion aux services vétérinaires d'urgence et ce que cette initiative souhaite apporter à la profession.
Au début du mois de juillet, le Bureau du syndic de l'Ordre publiait un appel à la mobilisation des médecins vétérinaires en matière de services d'urgence. Quelques jours plus tard, les membres recevaient une invitation à participer à une journée de réflexion et d'échanges consacrée à cet enjeu, prévue le 27 septembre prochain.
Cette séquence rapide a suscité de nombreuses questions. Pourquoi annoncer une telle activité au cœur de la période estivale? Pourquoi organiser une journée de réflexion sur ce sujet maintenant? Et qu'espère accomplir l'Ordre par cette initiative?
Pour mieux comprendre le contexte entourant cette décision, nous avons rencontré Mme Sylvie Martel, directrice générale de l'Ordre, ainsi que la Dre Sonia Voyer, syndique.
Mme Martel, quel est le contexte qui a mené à l'envoi successif du rappel des obligations et à l'invitation à cette journée de réflexion?
Sylvie Martel
Il y a plusieurs éléments que les membres ne connaissent pas nécessairement et qui sont importants pour comprendre la situation.
À l'origine, la date du 27 septembre n'avait pas été réservée pour les services vétérinaires d'urgence. Cette journée devait plutôt être consacrée à une formation portant sur le futur règlement relatif aux actes délégués.
Selon les informations que nous recevions des différentes instances impliquées dans le processus réglementaire, nous nous attendions à ce que ce règlement soit adopté beaucoup plus tôt. D'ailleurs, cette activité a été reportée à trois reprises. Initialement, elle devait se tenir le 1er novembre 2025. Ensuite, elle a été déplacée au printemps 2026, puis de nouveau à l'automne.
À chacune de ces étapes, les indications que nous recevions nous laissaient croire que le règlement serait adopté à temps pour permettre la tenue de la formation. Malheureusement, les délais gouvernementaux et administratifs se sont avérés plus longs que prévu et, en juin dernier, nous avons dû constater qu'il ne serait toujours pas possible de tenir cette activité en septembre.
Comme l'Ordre avait déjà pris un engagement important auprès du Centre de congrès de Saint-Hyacinthe, l'annulation de l'événement entraînait des pénalités de plus de 15 000 $. Nous ne souhaitions évidemment pas qu’un tel montant soit gaspillé en frais d’annulation. Il fallait trouver un nouveau sujet aligné avec notre planification stratégique et les besoins des membres.
Nous nous sommes donc demandé quel thème serait à la fois pertinent pour les membres et réaliste à développer dans un délai aussi court. C'est à ce moment que l'idée d'une journée consacrée aux services vétérinaires d'urgence a émergé, puisque nous nous apprêtions à lancer la une communication aux membres sur ce sujet et sur laquelle nous travaillions déjà depuis un an.
Dre Voyer, pourquoi avoir choisi précisément le thème des services vétérinaires d'urgence?
Sonia Voyer
Le Bureau du syndic souhaitait depuis longtemps effectuer un appel à la mobilisation rappelant les obligations professionnelles en matière de services d'urgence. Avant de le faire, nous avons toutefois pris le temps de rencontrer – à quelques reprises - les associations vétérinaires, les regroupements et les principaux acteurs concernés pour discuter de la situation et bien comprendre leurs préoccupations.
Notre objectif n'était pas de créer de l'inquiétude ou de donner l'impression que nous demandions aux médecins vétérinaires de revenir à un modèle où chacun devrait être disponible 24 h sur 24, 365 jours par année. Ce n'est absolument pas ce qui est attendu. Nous voulions plutôt clarifier les obligations professionnelles tout en démontrant qu'il existe différentes façons de contribuer à l'accessibilité des services d'urgence.
Au fil de nos rencontres, un message revenait constamment. Les associations et les regroupements nous demandaient comment l'Ordre comptait favoriser un dialogue collectif sur cet enjeu. Plusieurs souhaitaient avoir un espace pour échanger, poser leurs questions et discuter des solutions possibles.
C'est ce qui nous a convaincus qu'une journée dédiée pouvait réellement apporter une valeur ajoutée.
Qu'avez-vous constaté lors de ces rencontres avec les associations et les regroupements?
Sonia Voyer
Ce qu'on a remarqué, c'est que les inquiétudes étaient souvent très grandes avant les rencontres, mais qu'après les échanges, les membres repartaient généralement beaucoup plus rassurés. Le fait de pouvoir poser des questions et de discuter concrètement des attentes permettait de remettre plusieurs choses en perspective.
Lorsque nous prenions le temps d'expliquer les attentes du Bureau du syndic de vive voix, les échanges permettaient de clarifier plusieurs malentendus. Les membres comprenaient mieux le contexte, les nuances et les limites de ce qui est attendu d'un médecin vétérinaire.
Ces discussions favorisaient une compréhension beaucoup plus équilibrée de la situation et permettaient souvent de réduire certaines inquiétudes. Nous avons donc conclu qu'il serait très utile de reproduire ce type d'échanges à plus grande échelle.
En plus, une bonne partie du contenu avait déjà été développée dans le cadre de cette tournée de consultation. Cela nous permettait de bâtir rapidement une programmation solide malgré le délai relativement court dont nous disposions.
Mme Martel, certains membres questionnent les frais de participation de 199 $. Que leur répondez-vous?
Sylvie Martel
Je comprends tout à fait la question.
Ce qu'il faut savoir, c'est que l'Ordre applique un tarif de 25 $ par heure de formation continue pour ses membres. Le coût demandé respecte donc cette approche habituelle. On cherche à ce que nos activités soient le plus accessibles possible pour les membres, c’est pourquoi un tarif unique a été identifié, même s’il ne couvre pas nécessairement toujours l’ensemble des frais associés aux activités.
Dans le cas d'un événement en présentiel, des frais liés aux repas et collations s’ajoutent dans l'inscription. Les personnes qui choisiront éventuellement de consulter la captation vidéo de l'activité paieront le même coût horaire sans les frais de repas.
Bien sûr, nous pourrions choisir de rendre toutes les formations de l’Ordre gratuites. Cependant, ces coûts devraient alors être absorbés autrement, notamment à même les cotisations des membres. Nous cherchons plutôt à maintenir un équilibre entre l'accessibilité des activités et une saine gestion financière.
L’Ordre cherche simplement à couvrir les frais reliés à la tenue de ces événements et aux salaires qui y sont associés. Développer les compétences des membres en matière de déontologie est un mandat obligatoire de l’Ordre et pour lequel il doit faire une reddition de compte à l’Office des professions annuellement.
Dre Voyer, qu'est-ce que les participants peuvent s'attendre à retrouver dans la programmation?
Sonia Voyer
Notre principal objectif est d'aider les médecins vétérinaires à mieux comprendre leurs obligations professionnelles tout en favorisant une approche orientée vers les solutions.
De plus, nous souhaitons notamment expliquer le contexte qui a mené à cet appel à la mobilisation, clarifier les attentes du Bureau du syndic en matière de disponibilité, de diligence raisonnable et de services d'urgence, ainsi qu'aborder les responsabilités découlant de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal.
Nous présenterons également différents outils développés pour soutenir les membres et nous discuterons de ce qui peut être raisonnablement mis en place dans les différents milieux de pratique. L'objectif n'est pas d'imposer une solution unique, mais plutôt d'aider chacun à identifier les moyens qui peuvent convenir à sa réalité.
Des pairs du milieu vétérinaire viendront aussi partager des exemples concrets d'initiatives qui fonctionnent déjà sur le terrain afin d'inspirer les participants et d'alimenter les réflexions.
Enfin, nous terminerons la journée avec une conférence de clôture de M. Sébastien Sasseville, qui nous inspirera et nous poussera à nous tourner vers l'action, la mobilisation et la recherche de solutions.
Nous savons que cette journée de réflexion se tiendra le même week-end que le congrès de l’AMVPQ. Pourquoi avoir choisi cette date?
Sylvie Martel
C’est une excellente question et, honnêtement, ce n’était pas une situation idéale.
Comme je l’expliquais plus tôt, cette date avait initialement été réservée pour la formation sur les actes délégués, qui a elle-même dû être reportée à plusieurs reprises en raison des délais entourant l’adoption du règlement. Lorsque nous avons finalement constaté que cette activité ne pourrait toujours pas avoir lieu en septembre, nous avons dû composer avec les contraintes déjà existantes.
À ce moment-là, les disponibilités au Centre de congrès de Saint-Hyacinthe étaient très limitées pour l’automne. Nous avons analysé les différentes options possibles, mais il y avait peu de dates disponibles qui nous permettaient à la fois de respecter nos engagements contractuels et d’organiser un événement d’envergure dans un délai raisonnable.
Nous étions conscients que le 27 septembre n’était pas une date parfaite. C’est un dimanche et elle survient à la suite du congrès de l’AMVPQ. Toutefois, dans le contexte, elle représentait l’option la plus réaliste et la moins contraignante parmi celles qui s’offraient à nous.
Comme c’est souvent le cas lorsqu’un événement doit être déplacé plusieurs fois, il faut parfois faire des choix imparfaits. Nous avons estimé qu’il valait mieux maintenir cette occasion de dialogue et d’accompagnement plutôt que d’annuler nos engagements.
Pour les membres qui ne peuvent pas être présents le 27 septembre, est-ce que la journée sera disponible en différé?
Sylvie Martel
Oui. La journée sera captée et la majeure partie de la programmation sera rendue disponible en visionnement différé pour les membres qui ne pourront pas être présents sur place.
Nous sommes conscients qu'il n'est pas toujours possible pour tous les médecins vétérinaires de se déplacer ou de réserver une journée complète à leur agenda. C'est pourquoi nous souhaitons rendre le contenu accessible au plus grand nombre.
Cela dit, il y a une exception importante. La conférence de clôture présentée par M. Sébastien Sasseville ne pourra pas être diffusée ultérieurement, puisque nous ne détenons pas les droits nécessaires pour en permettre la rediffusion.
Les personnes qui souhaitent avoir accès à l'ensemble de la programmation, incluant cette conférence de fermeture, devront donc participer à l'événement en présentiel.
Le visionnement en différé permettra toutefois d'accéder à la quasi-totalité des contenus de la journée et de bénéficier des principales présentations et échanges qui auront lieu lors de l'événement.
En terminant, quel message souhaitez-vous transmettre aux membres?
Sonia Voyer
Nous vous invitons à considérer cette journée comme une occasion de dialogue et de mobilisation autour d’un enjeu qui concerne l’ensemble de la profession. Dans un contexte où les réalités de pratique sont variées et les défis bien réels, l’objectif est de favoriser une meilleure compréhension des obligations professionnelles, de mettre en lumière des solutions inspirantes et de poursuivre une réflexion collective sur l’accessibilité des services d’urgence. Nous espérons que les participants repartiront avec des outils concrets, de nouvelles pistes de réflexion et la conviction que chacun puisse contribuer, à sa façon, à l’amélioration de la situation.
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